Les meilleures leçons viennent souvent sans trophée
Partager
Après notre victoire à la dernière épreuve à Sanair, on aurait facilement pu arriver au P'tit-X de Charlevoix avec un peu trop de confiance. Mais le rallye a toujours une façon de nous ramener les deux pieds sur terre.
Dès notre arrivée, tous les ingrédients étaient réunis pour passer une excellente fin de semaine : la météo incroyable, des paysages à couper le souffle, une belle compétition et, bien sûr, cette dose de chaos parfaitement organisée qui fait qu'on revient toujours en redemander.
Les spéciales nous ont données exactement qu'est-ce qu'on voulait : rapides, techniques, assez exigeantes pour nous rappeler qu'il ne faut jamais baisser la garde, et plus important que ça, complètement differente qu'à Sanair. Chaque spéciale nous donnait l'occasion d'apprendre quelque chose de nouveau et de peaufiner notre pilotage.
Tout allait bien pendant le matin, nous étions au milieu de la classement, jusqu'au moment que nous avons aplati une cône dans une chicane. Nous avons eu une pénalité. Rendu à l'aire de service pour dîner, la mémoire de la cône était un distraction. Heureusement, avant que l'après-midi a commencé, nous étions capable de recentrer.
L'après-midi allait trés bien aussi, mais à peine la ligne d'arrivée de la 11e spéciale franchie, un bruit bien reconnaissable s'est fait entendre ; Le pneu avant droit venait d'éclater sur un nid-de-poule.
Habituellement, ce n'est qu'un contretemps.
Sauf que cette fois...
Nous n'avions pas de roue de secours. Nous avions spécifiquement retiré la roue de secours pour réduire le poids, en pensant que les spéciales n'étaient pas si long, nous n'aurons pas besoin. Leçon retenue : on ne sait jamais quand on aura besoin de la roue de secours !
Il ne restait donc qu'une seule option : continuer. Nous avons donc disputé la dernière spéciale avec un pneu complètement éclaté.
Est-ce que c'était la stratégie idéale? Pas vraiment.
Est-ce que c'était rapide? Certainement pas, mais quand-même plus rapide qu'on pensais possible.
Est-ce qu'on va s'en souvenir longtemps? Absolument.

C'est fou comme la perspective change quand un coin de la voiture décide qu'il en a assez vu. Chaque virage, chaque freinage et chaque accélération demandent un peu plus de réflexion. Ce n'était pas la façon dont on imaginait terminer l'épreuve, mais ça nous a offert une histoire qu'on va raconter pendant encore longtemps.
Au final, le classement ne raconte qu'une partie de l'histoire.
La vraie victoire de la fin de semaine, ce sont toutes les leçons qu'on en retire. En fait, on est convaincus d'avoir appris davantage en ne montant pas sur le podium qu'en remportant notre première place à la course précédente. Les victoires sont gratifiantes, mais ce sont les journées plus difficiles qui nous font réellement progresser. Elles mettent en lumière les points à améliorer, elles nous obligent à trouver des solutions rapidement et elles nous rappellent que chaque défi nous rend un peu meilleurs.
Et ça, ça vaut bien plus qu'un trophée.
Un énorme merci aux organisateurs, aux bénévoles, aux officiels ainsi qu'à tous ceux qui rendent le P'tit-X de Charlevoix possible année après année. Sans leur travail, on n'aurait tout simplement pas la chance de vivre des fins de semaine comme celle-là.
Maintenant, il ne reste plus qu'à remettre la voiture en état, ajouter quelques nouvelles lignes à notre liste de leçons apprises... et préparer la prochaine épreuve.
Parce qu'en rallye, qu'on termine sur la plus haute marche du podium ou qu'on franchisse la dernière spéciale sur un pneu éclaté, chaque course nous rapproche un peu plus de l'équipe qu'on veut devenir.
Un merci tout particulier à Gramac Racing pour ces photos incroyable.


